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jeudi 27 octobre 2016

Demandez à la vache !


Tintin au Tibet, page 8 deuxième ligne, deuxième image, Haddock, emmené par la course folle d'une vache sacrée qu'il n'aurait pas dû enjamber, traverse les rues de New-Delhi :

            
La réponse arrive à la ligne suivante : la vache précipite le capitaine dans un taxi :


La vache n'a pas apprécié qu'on lui manque de respect et le fait savoir. Voilà pour le contenu du gag. Pour qui se contente de se laisser porter par la lecture, cet épisode s'additionne aux nombreuses péripéties rocambolesques qui manquent de faire rater l'avion de Katmandou aux héros.

Sauf que...

Il se trouve que les bovins de cet album ne sont pas si anodins que cela. Ils y interviennent à cinq reprises.
La deuxième, après l'épisode de New Dehli, c'est dans cette séquence de la page 45, juste après l'épisode de l'avalanche qui avait laissé Tintin pour mort :

Pour Milou, c'est une "épouvantable bête" et Tintin est persuadé qu'elle a failli l'étrangler. Comme l'autre, ce bovin là ne passe pas pour très sympathique. Pour le lecteur, il semble tout aussi anecdotique. 

La troisième apparition prend une dimension nettement plus symbolique. Le "museau du Yack" est le nom de la montagne où se trouve la grotte dans laquelle le yéti maintient Tchang captif. La grotte correspond à l’œil de la tête de yak dessiné par la forme de la montagne. De savantes analyses de l'oeuvre ont établi que l’œil du Yak, le yéti, la coiffe des moines, la "foudre" bénie et même l'avion écrasé appartiennent au même édifice symbolique qui sert d'architecture sous-jacente  au récit.
Celles-ci s'appuient sur au moins une donnée tangible et surprenante. Avant de s'appeler "Tintin au Tibet", le vingtième album avait pour titre "Le museau du yack". Voilà qui augmente considérablement l'importance qu'il convient de donner à l'animal. Le titre d'un album, ce n'est pas rien. Hergé y tenait beaucoup. Ses collaborateurs ont d'ailleurs eu beaucoup de mal à lui faire renoncer à un titre aussi peu accrocheur. "Le museau du Yack", ça fait plutôt penser à une spécialité bouchère. "Tintin au Tibet", c'est plus vendeur...

Maintenant qu'on sait toute l'importance du yak dans cet album, il faudra relire les extraits précédents avec ce nouvel éclairage. Mais avant-cela, évoquons les deux dernières apparitions du bovin himalayen :
- page 53, un enfant tibétain apprend à Tintin que le yéti a tué un yak ; un compte à régler ?
- page 62, la dernière de l'album, Milou se précipite sur une carcasse d'un animal qui pourrait bien être celle d'un yak (Hergé a dû s'inspirer d'une représentation de tête de vache, dont on reconnait la rangée de molaires et l'absence d'incisive à la mâchoire supérieure et ce malgré l'absence de corne).

De celui-là, nous dirons qu'il est devenu désormais inutile puisque tout est bien qui finit bien. Il n'a plus dés lors que le statut de souvenir pour Milou.

Revenons maintenant à la vache de New-Dehli. Si nous relisons attentivement l'épisode, nous réalisons que loin d'avoir constitué une contretemps, la vache a, tout au contraire, fait en sorte que les héros trouvent un taxi le plus rapidement possible. Dès le départ, elle les regarde, comme si elle les attendait. Quand à son air courroucé, il fait désormais plutôt penser au rappel à l'ordre de la maman à l'égard de son enfant qui traîne les pas. C'est au final une vache tout à fait salutaire que nous découvrons là. 
Au fait, pourquoi nos héros étaient-ils en retard ? Une péripétie imprévue leur aurait fait perdre un temps précieux ? Rien de tout cela : Tintin faisait du tourisme ! Je laisse aux tintinologues féru de psychanalyse le soin de débrouiller le fil de cet acte manqué.

Passons à l'épisode du yak qui manque d'étrangler Tintin. Comme l'autre, il peut être lu d'une tout autre façon. C'est lui qui réveille Tintin, qui le ranime, et, en extrapolant, qui lui redonne vie. Plus qu'un personnage bienveillant, il endosse aussi le rôle de celui qui insuffle le souffle vital. Le fait qu'il s'agisse d'une vache, animal teinté d'une symbolique maternelle va bien avec sa fonction de guide efficace bien que discret. Le moine Foudre Bénie pourrait être la facette masculine de la même entité symbolique, mais c'est une autre histoire.

Si nous résumons :
- la vache sacrée remet les héros dans le droit chemin ;
- le yak ramène Tintin à la vie ;
- sous la forme d'une montagne appelé "Museau du yak", il guide les héros vers le but de leur voyage, la caverne du yéti.

La vache réincarnée en yak est donc l'équivalent du génie bienfaisant des contes de fées, celui qui donne le coup de pouce salutaire, souvent incarné par un animal plutôt inoffensif et discret. Hergé connaissait-il les contes de fées ? S'est-il inspiré de l'un d'entre eux ? Avait-il seulement prémédité l’enchaînement de tous ces éléments ? pas si sûr. Hergé travaillait à l'instinct, c'est ce qui fait toute la force de son génie de narrateur.

Pour terminer, évoquons un dernier détail. Lorsque le capitaine Haddock dit "demandez à la vache", on pourrait maintenant compléter : "demandez-lui car elle sait où nous allons". Dans le contenu caché du récit, Haddock aurait donc des propos prémonitoires, bien sûr toujours de façon involontaire. Ce n'est pas la seule fois que son intervention anticipe sur la suite des événements. Cela se produit  fois une dizaine de fois dans cet album : 
- lorsqu'il évoque les catastrophes aériennes page 1 (III-3) ;
- lorsqu'il remet la lettre de Tchang à Tintin page 3 (III-3) ;
- lorsqu'il dit "Oui, bon, mais vous oubliez l'heure." page 7 (II-1) ;
- lorsqu'il oublie sa bouteille de Whisky, volée par le yéti, page 24 ;
- lorsqu'il est le premier à retrouver la caverne de Tintin, page 34 (III-1) ;
- lorsqu'il aperçoit le yéti, page 36 (IV-3)
- lorsqu'il dit "ça va faire des étincelles !", juste avant le phénomène du feu Saint-Elme sur la falaise, page 38 (IV-3)
- lorsqu'il rapporte l'appareil photo à Tintin, page 53 (II-2)
Ailleurs, dans d'autres albums, on retrouve parfois cette tendance à annoncer ce qui va se produire, toujours à son insu. C'est comme si le personnage du capitaine portait en lui l'intuition créatrice de Hergé. Lui-même déclarait qu'il se sentait proche de lui par bien des côté.


Noël Trebirlec


mardi 25 octobre 2016

Tournesol plus sourd que jamais...

L'image de l'avion détruit de la page 28 et celle du "cataclysme" de la page 2 se répondent. 
Elles se répondent sur le plan narratif puisque Tintin fait ici le rêve télépathique de la catastrophe aérienne, mais aussi de façon graphique. De même taille, cette image obéit à une construction tout aussi élaborée. Il en émerge un détail qu'on ne peut manquer : Tournesol parfaitement calme et son pendule qui oscille à peine.
Tournesol n'est pas sensé être sourd. Il entend ce qu'on lui dit, mais déforme systématiquement les mots. D'un strict point de vue auditif, il aurait dû entendre l'énorme cri produit par Tintin, tellement puissant qu'il fait sursauter tout le monde.
Cette mini séquence confirme ce qu'on savait déjà de Tournesol depuis longtemps. Sa surdité n'a rien à voir avec un trouble médical. Elle n'est rien d'autre qu'un "manque d'écoute" chronique. Il déforme les paroles parce qu'il ne veut pas entendre ce qu'on lui dit. Ici, il est simplement dans un déni total du drame qui habitera Tintin tout au long de l'album. Il est l'incarnation évidente du "père absent", cette figure psychanalytique décrivant ces personnes qu'on admire mais dont on ne sait pas attirer l'attention sur soi. Ce n'est pas moi qui le dit, mais d'éminents tintinologues.

Passons au pendule, qui oscille de deux simples traits grâce à la magie de la Ligne Claire façon Hergé. Il s'agit en réalité du seul et unique objet de l'image dont le mouvement n'a pas été déclenché par autre chose. Ceux qui, comme moi, ce sont régalé à détailler chacune des mini séquences de cette image ont pu remarquer que le mouvement de chaque objet qui valdingue a été provoqué par le sursaut d'une personne. Tournesol ne bouge pas d'un cil. Si son pendule oscille, ce n'est pas parce que quelque chose l'a fait bouger, c'est parce qu'il s'agit d'un instrument de radiesthésie ayant la propriété de se mouvoir en réaction à un esprit, une présence occulte. Son oscillation viendrait de ce qu'il a capté la transmission du signal télépathique entre Tchang à Tintin.

Le détail n'est pas anodin puisque, à l'instar de l'image de l'avion, Hergé a tout fait pour que le lecteur aperçoive cette oscillation, même s'il ne délivre aucune explication. En parallèle du récit manifeste, l'auteur nous raconte une autre histoire, cachée mais parfaitement cohérente jusqu'à la caverne du museau du Yak. Ce récit occulte, on ne peut le découvrir qu'après de nombreuses lectures attentives, avec l'éclairage de plusieurs exégètes de l'oeuvre d'Hergé. Ceux-ci ont écrit des ouvrages complets sur l'histoire cachée des albums de Tintin, preuve s'il en est de la profondeur créative de leur auteur.
Mais le plus admirable est de voir à quel point l'image sait se mettre au service du récit, par le biais d'une savante composition convergeant vers la minuscule boule du pendule de Tournesol (15 000 fois plus petite que l'image !). 


Aussi fort que le Radeau de la Méduse ? Quand même pas...

Cette image de Tintin au Tibet (page 28) est  célèbre, à juste titre :



On la découvre en plein milieu de la page la plus inondée de blanc de tout l'album. Nous sommes dans le sanctuaire de la maléfique "Déesse Blanche" et de sa toute puissance destructrice.
Les débris éparpillés de l'avion répondent aux écailles acérées des roches qui affleurent de la neige pour donner une impression d'éclatement, d'explosion. Mais paradoxalement, tout est parfaitement immobile, figé, glacé.

Un premier exploit de l'auteur est d'avoir rendu cette image parfaitement lisible, ce malgré la profusion de détails. Le créateur de la "Ligne Claire" nous livre ici la quintessence de son art.

L'autre réside dans une composition exceptionnelle qui prend la forme d'une série de lignes de forces particulièrement élaborées guidant le regard vers le détail qu'on ne peut manquer : les héros parvenant à l'horizon. Ils ne sont que trois points noirs noyés au milieu d'une surface blanche huit cent fois plus grande ! (j'ai calculé). Et pourtant, on les voit, on les reconnait, on peut même imaginer ce qu'ils ressentent. Voilà qui confine au chef d'oeuvre.

Pourquoi le Radeau de la Méduse ?
Pas seulement parce qu'un drame y est également mis en scène, surtout parce que le tableau est avant tout un chef d'oeuvre de composition. 
Avez-vous remarqué le navire à l'horizon ? 

Résultat de recherche d'images pour "radeau de la méduse"Résultat de recherche d'images pour "Le bateau à l'horizon dans le radeau de la méduse"
Comme dans l'image de Hergé, il occupe une place infinitésimale* dans le tableau et finit par être repéré par de double effet d'une composition très savante et d'une mise en scène qui le fait inévitablement exister, comme les héros de Tintin.
*Le navire occupe un espace 100 000 fois plus petit que le tableau !

Hergé n'a pas à être comparé avec Géricault. Il n'empêche, j'affirme que l'original de cette image mériterait d'être affiché dans un musée dédié à l'art du vingtième siècle. Elle n'est pas la seule de cet album.

lundi 24 octobre 2016

Un épisode très bizarre

La page 22 de l'album "Tintin au Tibet" comporte un épisode qui laisse perplexe :
Durant les 8 premières images, il ne se passe...rien. 
Les héros poursuivent leur route, le temps passe, l'auteur nous le rappelle à quatre reprises. Certes, il y un peu d'exotisme et même un gag, d'une efficacité d'autant plus faible qu'il touche Tintin lui-même, personnage généralement dépourvu de tout humour. Même la réplique du capitaine Haddock tombe à plat : " Si j'avais des rhododendrons comme ça à Moulinsart ! ". On a connu plus percutant. En définitive, tout ceci n'apporte rigoureusement rien au récit.... raison de plus pour s'y intéresser.

A première vue, cela peut passer pour du remplissage, donnant l'impression que l'auteur ne savait pas très bien quoi raconter entre l'épisode précédent du chorten et l'entrée en scène du yéti, évoqué en fin de page. Plus indulgents, les exégètes de l'oeuvre parlent d'un moment de respiration, de quiétude avant les dures épreuves qui suivent.

J'affirme tout au contraire que Hergé délivre dans ce court récit un message d'autant plus profond que, justement, il n'est parasité par aucun élément d'intrigue.

Le lieu d'abord, une forêt alpine qui devient luxuriante, à l'image de la jungle du Temple du Soleil : c'est parfaitement incongru dans ce récit. Ce n'est peut-être pas par hasard.
Les paroles anodines ensuite : Tintin évoque les forêts alpines, Haddock cite le nom de Moulinsart. Il y est clairement question d'un retour en arrière, au domicile. Si Tintin au Tibet est une évasion, ce court passage est un retour subliminal vers l'univers domestique.
La progression des personnages : elle se fait vers le bas et vers une certaine moiteur ramollie contrairement à tout le reste du récit qui dirige les pas des personnages vers les hauteurs froides et acérées. De plus, dans cette forêt, le cheminement est sinueux, c'est le symétrique inversé du S de la couverture dessiné par les pas du Yéti. Autre détail, les héros dirigent souvent leurs pas ou leur regard vers la gauche, contrairement à l'habitude prise chez Hergé de les représenter allant vers la droite, dans le sens de lecture, autrement dit vers l'avenir.
Au centre de la page figure un point d'interrogation très voyant, presque exagéré. L'interrogation formulée par Tintin va bien au delà du récit évident. C'est celle de Georges Remi sur son propre vécu.
Voilà donc l'interprétation que je suggère :
"Lorsque je reviens en arrière (la descente), 
vers l'univers domestique du couple établi (Moulinsart), 

je ne vois qu'une question qui m'obsède (le point d'interrogation). La réponse pourrait bien être : quelque chose qui se dégrade (le fruit trop mur) et va jusqu'à pourrir le cœur même de ma création (Tintin plutôt que Haddock). Qu'y-t-il en face de moi ? Réponse, brutale, la Déesse Blanche ("Et voici les premières neiges", III-3)
et, en ligne de mire, le yéti, l'image dégradée que j'ai de moi-même".
Séquence dictée par l'inconscient ou interrogation parfaitement lucide ? Je n'ai pas la réponse.

Noël Trebirlec

Question de principe

Lorsque j'écris que la rupture de la page 44 est corrélative de la décision prise par Georges Remi de quitter sa femme pour une autre, je laisse entendre que l'acte de création est directement associé au vécu intime de son créateur, voire à l'expression même de son inconscient.

Attention ! On ne psychanalyse pas un auteur par l'étude de ses œuvres sans prendre de grandes précautions. L'acte de création n'est pas fait que de venues de l'inconscient, il obéit aussi à des intentions consciemment assumées, telle que chercher à satisfaire son lectorat par exemple. Si celles-ci prédominent, toute analyse de l'esprit de l'auteur au travers de son oeuvre est vaine ou alors très hasardeuse

De deux choses l'une :

- Soit George Remi prend la décision de la rupture et s'attelle ensuite à la réalisation d'une oeuvre qui raconte de façon très consciente sa propre aventure personnelle et dans ce cas nulle psychanalyse n'a de sens. Ce n'est, quoiqu'il en soit, pas du tout dans le style de Hergé, beaucoup plus intuitif que réfléchi.

- Soit George Rémi réalise son oeuvre et décide nettement plus tard de passer à l'acte et on peut alors avoir de sérieux doutes sur l'interprétation qu'on en fait. Après tout, l'album précédent, Coke en Stock ne comporte aucune trace évidente d'une crise conjugale, pourtant l'adultère était déjà effectif à cette époque.

Dans les faits, la corrélation est heureusement confirmée par la chronologie : Hergé quitte effectivement son épouse quelques mois après avoir terminé cet album. Il est donc raisonnable de supposer que l'épisode de l'avalanche est bien contemporain de la prise de conscience d'une rupture nécessaire, annonciatrice du passage à l'acte effectif. 

Je ne serais pas le premier à proposer une interprétation de ce type. Ceux qui l'on fait ne sont pas des béotiens. D'ailleurs, on peut même aller, comme l'ont fait de nombreux auteurs, jusqu'à conférer à la création de l'album la valeur d'une authentique thérapie. J'imagine qu'il s'agit d'un cas d'école. En parle-t-on sur les bancs des facultés de psychologie ?

Cela me suggère tout de même une remarque.

Lorsque Hergé a entamé le récit de son vingtième album, il ne savait pas que celui-ci allait déboucher sur un tel bouleversement, personnel comme créatif. Que serait-il advenu de l'intrigue si rien ne s'était déclenché dans sa vie privée ?

Il existe un élément de réponse, il s'appuie sur la lecture des pages 40 et 41, lors de l'épisode de la corde. Celle-ci représente avec une intensité dramatique jamais vue chez Hergé l'extrême tension qu'il éprouvait à cette époque. Celle-ci s'exprime entièrement dans la réplique du capitaine Haddock "Mieux vaut une seule victime que deux, non ?..." (p 40-III-1).
Comment l'auteur sort-il les héros de ce mauvais pas ? En faisant intervenir Tharkey, le second rôle un peu fadasse du récit. D'un point de vue narratif et symbolique, il ne se passe rien de très fort. C'est une façon de botter en touche et de poursuivre le récit. La preuve, c'est qu'ensuite on est toujours dans l'univers de la maléfique Déesse Blanche. Rien n'a été résolu.

Si Hergé n'avait pas trouvé de solution à cette crise, du moins au cours de la réalisation de cet album, plusieurs solutions auraient peut-être surgi :
- une issue aussi faiblarde que l'intervention de Tharkey, avec une fin nettement plus banale ; l'album aurait tout de même été réussi mais sans devenir le chef d'oeuvre que l'on sait. Le suivant aurait-il été de la même veine, au risque de lasser les lecteurs ?
- l'arrêt du récit pour une durée indéterminée, jusqu'à ce que quelque chose se produise, avec de probables difficultés pour Hergé à contenir la pression de ses collaborateurs et fans ;

- l'abandon définitif de l'album, avec la mise en chantier d'un autre ; Hergé, qui a mis tout de qu'il avait d'intime dans cette entreprise se serait sûrement mal sorti de cet échec. L'album suivant aurait-il apporté la délivrance attendue ? Ou aurait-il entraîné le déclin des Aventures de Tintin ?

Mais non, la solution heureuse a surgi, sous la pression de la nécessité de créer doublée d'une introspection aussi efficace qu'une psychanalyse réussie, tout cela pour notre plus grand plaisir.

Noël Trebirlec




dimanche 23 octobre 2016


Les couleurs dominantes des pages de l'album Tintin au Tibet

Voici un tableau qui donne une bonne idée de la prééminence de la couleur blanche dans cet album, mais aussi de couleurs chaudes utilisées pour les roches, les moines, les villes exotiques, la nature, voire le Yéti et sa grotte
Lorsque la couleur rouge est signalée, c'est cette des phylactères trahissant toujours de fortes émotions.

Visuellement, on reconnait très bien la période sombre et dramatique de l'oeuvre, dominée par le blanc, mais aussi des couleurs froides, des bleus, des gris.. (voir l'article précédent évaluant la part de comédie ou de drame de chaque page).

Quant à la rupture qui s'opère à la page 44, elle apparaît ici de façon encore plus nette que dans le tableau précédent : elle marque la disparition des surfaces neigeuses à peines esquissées dans de rares arrières-plans, également le retour des couleurs chaudes (robes de moines, coiffes jaunes, ciels bleus, nature retrouvée...)


Couverture




Vargèse
1




2




3




4




5




6




7




New Dehli
8




9




10




Katmandou
11




12




13




14




15




Campagne
16




17




Montagnes rocheuses
18




19




20




21




22




Montagne neigeuses
23




24




25




26




27




28




L'avion
29




Montagne neigeuses
30




31




Tempête de neige
32




Montagne neigeuses
33




34




35




36




37




38




39




40




Corde tendue
41




Montagne neigeuses
42




43




Avalanche
44




Lamaserie
45




46




47




48




49




50




51




52




53




Montagnes rocheuses
54




55




Museau du Yak,
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59




60




Montagnes rocheuses
61




62